Free Lula

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En bonus du Journal Papier Hors jeu dédié à notre vision de la coupe du Monde 2018, voilà un éclairage fort utile sur une situation géopolitique préoccupante.

Pour des raisons techniques nous ne pouvons vous proposez le journal pour le début de la Coupe du Monde. Veuillez nous excusez.

 

L’avenir de Millions de personnes au Brésil.

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Par Hervé Démarinière

 

Lula derrière les barreaux, c’est la démocratie que l’on emprisonne. C’est remettre les fers aux plus pauvres. C’est faire table rase d’une décennie de progrès social, qui a fait du Brésil le champion du monde de la lutte contre la pauvreté.

A l’image de la prestation de sa Selaçao lors de la dernière coupe du monde qu’il a organisée, le Brésil part en vrille, tant sur le plan politique qu’économique. Exit le Parti des Travailleurs (PT), ce sont les charognards du grand capital qui sont de retours, accompagnés d’apprentis sorciers évangelico-droitiers, homophobes et sectaires. Au mois de mars dernier,

Marielle Franco, femme noire homosexuelle et militante des droits humains, élue de gauche au sein du conseil municipal de Rio, était abattue de plusieurs balles dans la tête. Cette exécution rappelle tristement les assassinats politiques commandités du temps de la dictature (1964-1985). Difficile de ne pas faire le lien entre ce meurtre et le coup d’état institutionnel qui a destitué Dilma Roussef, au mépris du choix démocratique de 54 millions d’électeurs. L’élite capitaliste, financière, industrielle, agricole et…médiatique a réussi son coup : reprendre les rênes d’un pays continent pour se réaccaparer les richesses.

Dilma Roussef puis Lula ont été victimes de l’exemplarité sélective que nous pourrions qualifier de nouveau principe juridique brésilien. Oui, tandis Lula croupi derrière les barreaux, l’actuel Président du Brésil, Michel Temer fait face à de graves accusations de corruption et parvient à résister à une procédure de destitution, grâce au réseau politico-mafieux auquel peut se résumer son parcours politique. Oui, le PT a été écarté du pouvoir par un coup d’état judiciaire et parlementaire, ourdi par l’oligarchie, avec la complicité des évangéliques et des militaires. Oui, la ‘’théologie de la prospérité’’ fait bon ménage avec le ‘’néo-libaralisme’’ et hélas, le Brésil est devenu le principal laboratoire de cet attelage pervers. L’opération Lava Jato (lavage express) qui voulait laver plus blanc que blanc (un paradoxe au Brésil), a entaché toute la classe politique brésilienne. Cette opération judiciaire mal menée est un révélateur d’un mal endémique : l’instrumentalisation à des fins politiques de la lutte contre la corruption. Au final, Lava Jato, tel un programme de lavage dit ‘’cycle court’’ ou ‘’express’’, n’aura véritablement ciblé qu’une partie du problème.

Que celui qui n’a jamais pêché jette la première pierre ! Luiz Inacio Lula da Silva est-il coupable de « corruption passive et de blanchiment » ? Oui, certainement. Devait-il être emprisonné, assurément non ! Les conséquences politiques et sociales de cette opération anti-corruption sont dramatiques pour le Brésil. En effet, car plutôt que de mettre un terme à un système profondément ancré au sein des milieux politiques et économiques, elle a, d’une part permis le retour aux affaires d’une classe prédatrice et d’autre part, la déconstruction des programmes sociaux. Lula le dit lui-même, ce coup d’état, « n’était pas dirigé contre le PT. Il était contre l’ascension sociale des plus pauvres et contre les droits des travailleurs. Contre le Brésil ». Le système démocratique brésilien est en péril. La réalité du pouvoir est désormais entre les mains des parlementaires et des juges, au mépris du suffrage universel. Le Brésil est en train de redevenir un pays injuste.

Qu’attendent les Brésiliens des élections générales d’octobre 2018 ? Telle est la véritable question que nous devons poser. Grand favori, sans surprises, des sondages, Lula ne devrait pas être en capacité de se présenter en raison de sa condamnation. Dès lors, Jair Bolsonaro pourrait, sous la bannière du Parti Social Chrétien, se faire élire Président de la République fédérale du Brésil et renvoyer le pays à ses heures les plus sombres, marquées par le racisme, l’injustice, et la violence d’Etat dirigée contre les plus pauvres. Depuis que Joachim Barbosa, ancien juge de la Cour suprême, un homme noir, nommé à ce poste par Lula, qui a rejoint le Parti Socialiste Brésilien au mois d’avril, a finalement déclaré qu’il ne se présenterait pas à l’élection présidentielle, le Brésil se dirige vers l’incertitude.

Il y a quatre ans, nous avions choisi de décrypter l’actualité politique du Brésil au miroir du football par le biais de notre journaliste-reporter préféré, Simon Soul. La FIFA et sa Coupe du Monde 2014, en cheval de Troie des forces néolibérales, pour venir à bout de Dilma Roussef et de la démocratie progressiste brésilienne, tel était notre angle d’attaque, prémonitoire. Dans Desordem e progresso, Simon Soul et ses compères avaient tout tenté pour tirer Dilma Roussef d’un traquenard prévisible. La leçon de football dispensée par l’Allemagne à la Selaçao, en demi-finale de son Mundial (7-1), transformait l’opération de sauvetage politique en mission impossible. En 2018, l’actualité footballistique reste politique. Et pour cause, Vladimir Poutine s’est fait réélire avant de donner, le coup d’envoi de sa Coupe du Monde. C’est ce qui s’appelle avoir le sens du timing…George Weah devient Président du Liberia, tandis que Ronaldinho, ancien footballeur adulé dans le monde entier pour la beauté de ses dribles illisibles, passe de l’hédonisme assumé au pentecôtisme affiché. Ronaldihno Gaucho, membre de l’Eglise universelle du Royaume de Dieu (EURD), briguera peut-être lors des élections d’octobre 2018, un mandat pour le compte du Parti Républicain Brésilien (PRB), après avoir flirté avec l’extrême droite locale.

Parce que quelque chose ne tourne plus rond, Simon Soul veut redonner du sens au football. C’est la raison pour laquelle, il se rendra, sur sa propre initiative, à la prison de Curitiba dans le Sud du Brésil où Lula purge sa peine pour. Non pas pour parler politique, mais football. Loin du raout sportif et médiatique de la Coupe du Monde Russie 2018, il espère convaincre Lula de redevenir président. Président du Socrates Football Club

Lula président!

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Rencontre du troisième type

“Oui, au royaume, les ombres existent. Ils traversent le temps, ils traversent l’espace et restent à jamais vivants. Oui, il en est ainsi au royaume de l’Opéyi” – Simon Soul

Simon Soul en Russie pour le mondial de foot

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“J’ai rencontré M. Vald(imir) Poutine le grand méchant loup, le vampire
qui terrorise l’ouest, pour une vraie fausse interview.
Vous en saurez plus d’ici 2 mois dans un numéro exceptionnel.” Simon Soul

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